Description :

Appui à l’alphabétisation par les TIC.

Projet initié par François-Xavier NEVE et porté par INFOREF,
avec le soutien de la Commission Européenne dans le cadre du Programme SOCRATES – MINERVA

Le programme « Je parle donc j’écris », réalisé dans le cadre du programme européen SOCRATES – MINERVA, s’adresse à tous les publics en situation d’apprentissage de l’écriture et de la lecture du français, quel que soit leur âge, qu’il s’agisse de pays où la langue française est pratiquée quotidiennement par l’ensemble de la population ou de pays où elle est enseignée au titre de langue seconde.

Grâce aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), de nouvelles approches pédagogiques sont proposées.

Une première batterie de jeux interactifs invite l’auditeur à écouter, identifier, repérer les sons qui permettent de distinguer les mots les uns des autres, par exemple blond/blanc , mousse/mouche , car/gare . A chaque son est attribuée une lettre, toujours la même, selon les conventions de l’alphabet alfonic , conçu par André Martinet dans les années 70, en tenant compte des distinctions les plus répandues dans les usages actuels (cf. tableau joint). La plupart des lettres ont en alfonic la valeur qu’elles ont d’ordinaire et de ce fait bien des mots s’écrivent de la même façon en orthographe et en alfonic. On distingue soigneusement les deux écritures : alfonic est en rouge et en caractères de type « bâton », l’orthographe en noir et écriture liée.

Notre auditeur est alors invité à se servir d’alfonic pour écrire . On lui demande de choisir et d’ordonner avec exactitude les lettres qui permettent de former des mots. Il est mis en possession d’un outil qui lui permet d’écrire sans inhibition tout ce qu’il sait dire, en d’autres termes de s’exprimer par écrit. Parallèlement, il va lire les messages qu’un ami lui adresse dans la même écriture. Désormais, le fonctionnement de la communication écrite, dans ses deux faces de production et réception, lui est acquis.

C’est alors qu’il va s’essayer à lire tout ce qui s’offre à sa vue. On le stimule en lui offrant des histoires en orthographe , comme Le petit chaperon rouge , dont la lecture est facilitée du fait que l’histoire est connue. Il y a suffisamment de similitudes entre les deux écritures pour que le lecteur réussisse à déchiffrer ce qu’il a sous les yeux. Il est toujours possible de cliquer sur un mot qui pose problème pour l’entendre et faire apparaître sa forme en alfonic.

La lecture fait prendre conscience des particularités de l’orthographe. On s’appuie sur une histoire, Le vilain petit canard , d’après Andersen, pour attirer l’attention du lecteur sur les points essentiels et susciter sa curiosité en lui proposant à chaque fois des exercices appropriés. Peu à peu l’orthographe s’impose. On ne s’attarde pas sur alfonic, même s’il reste disponible pour noter, par exemple, un mot entendu dont on vérifiera l’orthographe.

Le programme présenté ci-dessus est le fruit d’une collaboration entre des participants – linguistes membres de l’association RAPHAEL (Recherches sur l’Application de la PHonologie aux Apprentissages de l’Ecriture et de la Lecture), enseignants et orthophonistes (ou logopèdes) – de France, de Belgique, d’Italie, de Grèce, de Pologne, de Roumanie qui l’ont expérimenté auprès de leurs élèves, d’une part dans des classes régulières, d’autre part avec des sujets présentant des problèmes d’apprentissage. Les jeux et travaux proposés se révèlent utiles aussi bien pour des petits Français en début de scolarité que pour des adultes en voie d’alphabétisation tardive. Auprès d’étudiants étrangers dont le français n’est pas la langue maternelle, ils contribuent à une meilleure acquisition de la prononciation et de la pratique orale de la langue en même temps qu’ils présentent les rudiments essentiels à la maîtrise de l’orthographe et à l’expression écrite.

N.B. L’alfonic a été mis au point pour le français , pour offrir à de jeunes apprenants, inhibés par la crainte de faire des fautes, un outil leur donnant le moyen de surmonter cette crainte et de laisser libre cours à une production qui a révélé une richesse de vocabulaire insoupçonnée. Il ne saurait être mis à contribution tel quel pour d’autres langues. Mais il serait possible de s’en inspirer pour s’interroger dans chaque cas sur les problèmes spécifiques à la langue considérée et mettre au point, si le besoin s’en fait sentir, un système d’écriture en accord avec la prononciation de la langue.

Jeanne MARTINET
6 mai 2005

Pour en savoir plus :http://www.inforef.be/projets/jeparledoncjecris/index.html